Comment commencer à stimuler

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De nombreuses personnes ont demandé à Anabel comment elles pouvaient commencer à stimuler leur enfant à la maison. Dans cette entrée elle nous explique donc comment cela s’est passé chez elle. Bien que chacun soit unique, les stratégies générales peuvent servir à tous.

Elle a commencé avec Erik quand il avait 2 ans et 10 mois. A ce moment là, il ne parlait pas, ses jeux consistaient à regarder les ampoules, faire des tours en Legos et ranger des cuillères en ligne. Il n’imitait pas, l’interaction était très rare, les colères se succédaient, il ne pouvait pas rester longtemps tranquille et à l’extérieur il était désorienté, hypersensible à de nombreux bruits environnants.

Il a fallu commencer le travail de manière très structurée, en se fixant de tous petits objectifs, afin de permettre une stimulation avec laquelle il se sentirait à l’aise, rassuré et motivé, et pour que chaque session devienne une expérience positive.

Il faut toujours se souvenir que le monde ne s’arrête pas avec l’autisme, mais qu’un nouveau chemin commence, pour lequel il faut être très bien préparé. Nos enfants sont capables, mais au début ils ont besoin d’aide, de guidance et de structuration.

Anabel partage avec nous quelques conseils qui lui ont été très utiles :

  • Savoir parfaitement : ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas, ce qui l’intéresse et ce qui le dérange,
  • Ne comparer votre enfant qu’avec lui même et surtout pas aux autres enfants, afin de profiter pleinement de tous ses progrès,
  • Utiliser ses intérêts dans toutes les occasions, en ajoutant petit à petit de nouvelles choses,
  • Toujours rester positif et croire en notre enfant : ne pas oublier qu’il fait des efforts au quotidien,
  • Stimuler : le guider, l’aider et lui proposer des alternatives quand il manque d’initiative. Anticiper et utiliser un support visuel,
  • Travailler tous les jours, ou avec un horaire précis, de manière structurée, avec des objectifs clairs et divisés en petites étapes.
  • Ignorer certains comportements, jusqu’à l’apparition de conduites positives,
  • Utiliser le système « sandwich », c’est à dire commencer par quelque chose que l’enfant maîtrise, pour le mettre en confiance, introduire ensuite un travail nouveau, et terminer avec quelque chose qu’il maîtrise. De cette manière il vivra une expérience positive et sera motivé pour la prochaine session.
  • Profiter de chaque moment de travail partagé, le féliciter et récompenser ses efforts. Et surtout passer un bon moment ensemble !

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PRÉPARATION AVANT DE COMMENCER A STIMULER

Aménagez dans votre maison un endroit dédié, qui sera votre lieu de travail avec votre enfant.
Cet endroit doit offrir peu de stimulation, pour éviter les distractions. Par chance, Anabel disposait d’une pièce vide dans sa maison.
Placez une grande table le long d’un mur, perpendiculairement, pour former un T avec une seconde table, étroite, qui sera le lieu de travail (comme sur la photo). Sur la grande table, posez le matériel de travail ainsi que les « récompenses » : des morceaux d’aliments qu’il aime beaucoup, ses jouets préférés. On ne pose sur la petite table que ce qui va être utilisé sur le moment. Posez quelques jouets sur une couverture un peu éloignée des tables.
  • Au début, la plupart des exercices se font à table, assis face à face. La table doit être étroite afin de permettre à l’adulte de guider l’enfant quand il en a besoin. L’aider avec les mains a réaliser les tâches qu’il ne peut pas faire seul, tenir ses mains quand il commence des stéréotypies, ou lui donner des récompenses.
  • Prendre une chaise sur laquelle l’enfant est à l’aise. Ses pieds doivent être posés au sol (vous pouvez utiliser une chaise haute).
  • Pour le travail au sol il est important de délimiter l’espace. Anabel a installé une couverture unie, verte (couleur qu’Erik adore).
  • Faire une liste des choses que l’enfant aime, que ce soit pour manger ou pour jouer. Avec Erik, Anabel utilise des aliments croustillants : du concombre, des fruits secs, des chips, du pain grillé… et pour les jeux : train, voiture, moulin, bulles de savon, langues de belle mère, clochettes, des choses qui tournent… C’est ce qu’on appelle les « renforçateurs », et ils serviront ensuite comme récompense (les renforçateurs sont toutes les choses qui plaisent à l’enfant : en plus des aliments et des jouets, cela peut être des activités agréables et sociales, comme les félicitations, les compliments, les caresses et le contact corporel).
  • Toujours avoir sous la main les programmes de travail, le matériel de travail et les récompenses qui seront utilisées. Pour attirer l’attention de l’enfant vers la table, vous pouvez y poser quelques uns de ses jouets préférés (jouer avec fera partie des récompenses) ; par exemple, les bulles de savon sont souvent un moyen très attractif de capter l’attention.
  • Fixez vous un horaire pour travailler avec l’enfant, une durée pendant laquelle vous savez qu’il va se sentir bien et ne va pas être fatigué. Il n’est pas essentiel de tenir ce programme tous les jours, mais il est important de programmer à l’avance. Par exemple, tous les lundi, mercredi et vendredi de 17h à 18h…
LES PROGRAMMES DE TRAVAIL :

Il est important d’être très motivé au moment où l’on va travailler avec l’enfant, afin qu’il se sente à l’aise. Ne pas oublier que ce programme est positif : l’enfant doit s’amuser en même temps qu’il apprend, ce qui veut dire qu’il doit associer ce moment à une expérience positive.

Pendant chaque session on travaille différents programmes : Anabel a commencé avec l’imitation, l’imitation avec objets, la compréhension de vocabulaire, l’acceptation de consignes, et se déshabiller. Elle est passée ensuite à la stimulation des premiers mots, sans jamais laisser de coté la stimulation sensorielle (en commençant par le toucher et le contact corporel)
Les sujets en bleu seront développés prochainement .

Le programme se prépare selon les besoins individuels de chaque enfant.

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Chaque programme de travail doit être divisé en petits objectifs très clairs. C’est ce qu’on appellera « étapes ». Dans chaque programme il y a 3 étapes. Par exemple dans un programme d’imitation motrice :
– taper dans les mains
– lever les bras
– taper la table avec les coudes

Chaque étape se répète 5 fois. Si on continue sur l’exemple du programme d’imitation motrice, le système de travail sera :

  • Vous tapez dans vos mains et dites ensuite à l’enfant : « fais le »
  • Vous attendez un peu pour que l’enfant tape dans ses mains. Quand il le fait il reçoit un renforçateur (un morceau de quelque chose qu’il aime, jouer avec son jeu préféré, une caresse… tout en disant « bravo, qu’est-ce que tu tapes bien dans tes mains »)
  • Si l’enfant ne le fait pas, vous l’aidez avec vos mains sur les siennes (c’est de la guidance, elle peut se faire avec les mains ou être orale). Vous renforcez aussitôt, récompensez et félicitez.
  • Souvenez vous de toujours utiliser un vocabulaire clair, avec des instructions concrètes et des phrases courtes.

RESPECTER LES RYTHMES DE L’ENFANT, MAIS EN RESTANT CONSTANT ET FERME :

Nous ne devons pas nous attendre à ce que nous nous asseyons pour travailler avec notre enfant et que tout se passe parfaitement bien dès le premier jour. La première fois qu’Erik s’est assis à table, avec des psychologues qui supervisaient la séance, sa colère pouvait s’entendre à des kilomètres. Il devait taper dans ses mains et … ses cris ont continué jusqu’à l’utilisation des bulles de savon. A ce moment il s’est arrêté de pleurer et à commencé a essayer d’attraper les bulles avec ses mains. Un fois calmé, la séance a pu commencer et cela a fonctionné.

La session suivante l’objectif principal fut qu’il reste assis un moment à table tranquille et détendu, et qu’il se familiarise avec ce mode de travail. Pour cela, ils ont installé des objets qu’il aime : bulles de savon et langues de belle mère. Ils ont commencé 5 minutes comme cela, puis ont joué environ 5 minutes au sol, avant de retourner à la table. Le troisième jour, il ont réussi à rester 15 minutes à table. Puis, session après session, ils ont pu travailler chaque fois un peu plus longtemps : au bout d’un mois la séance était complète. Un champion !

Aujourd’hui les personnes qui connaissent Erik savent tout le développement et les progrès qu’il a réalisés. Anabel est très fière de lui et espère vraiment que cette entrée pourra également vous guider.
ADELANTE siempre.

 

Voici une présentation proposée par Anabel lors d’une conférence :traduction 1

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